La Faja de las Flores, le Mont Perdu et la Brèche de Roland

2 jours en autonomie dans le Parc National d’Ordesa et du Mont-Perdu en passant par la Faja de las Flores, le sommet du Mont-Perdu et la Brèche de Roland.

 

LE TREK EN BREF

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Deuxième virée dans les Pyrénées, à nouveau en compagnie de mon frère. Cette fois nous ne nous dirigeons pas vers le massif de Néouvielle mais vers le Parc National d’Ordesa et du Mont-Perdu/Parque National de Ordesa y Monte Perdido. Au programme, un triple objectif : la Faja de las Flores ou vire des fleurs et ses paysages vertigineux, le Mont Perdu/Monte Perdido et ses 3355 mètres et enfin la célèbre Brèche de Roland/Brecha de Rolando.

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icone montagne

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JOUR 1

COL DES TENTES – REFUGE DE GORIZ

Nous démarrons depuis le parking du col des Tentes vers 9h en suivant l’ancienne route goudronnée pour rejoindre l’intersection de Port de Boucharo une vingtaine de minutes plus tard. Nous bifurquons ensuite à droite non pas sur le GR mais sur un petit sentier qui doit nous emmener vers la Faja de las Flores. Ce dernier démarre par un petit passage de rochers où il faut poser les mains avant de prendre doucement de l’altitude en alternant pierriers et alpages. Le dénivelé s’intensifie ensuite jusqu’à à la Forqueta de Gabietou (2515 mètres) que nous atteignons à 10h. Nous redescendons ensuite jusqu’à l’intersection de deux chemins (indiqués par des cairns, il n’y a pas de panneaux d’indication sur tout le circuit). Pour rejoindre la Faja de las Flores, il est conseillé de prendre à droite direction sud-ouest, sur le chemin qui passe à la droite du Pico de Escuzana (2847 mètres), puis par le Pico Mondarruego (2845 mètres) avant de continuer direction sud-est jusqu’à la Faja.

De notre côté nous faisons l’erreur de poursuivre sur la gauche et montons en direction du Pico de Gabieto/Pic de Gabiétou (3031 mètres) dont nous atteignons l’antécime via de l’escalade et des sections vertigineuses à 11h30 avant de partir sur la droite en empruntant une vire rocheuse qui descend progressivement en parallèle de l’arête sommitale. Quelques cairns indiquent le retour et nous permettent de rejoindre péniblement la zone asséchée de Plana Cuatarta (13h20) où nous croisons quelques chamois. Nous poursuivons ensuite sur un chemin très agréable qui passe par Aguas Tuertras et qui longe le lit du Baranco de Salarons toujours en direction de la Faja.

Nous faisons une pause à 14h en profitant de la superbe vue sur le canyon juste avant d’entamer notre périple sur la vire. Nous nous remettons en route trente minute après en empruntant le chemin vertigineux de la Faja de las Flores, une vire suspendue sur les parois du canyon d’Ordesa et qui surplombe toute la vallée. Le sentier est impressionnant car il serpente dans la faille rocheuse sur 3,7 kms et offre une vue spectaculaire et unique sur les canyons. Âmes sensibles s’abstenir…  Nous terminons la Faja à 15h30 et pouvons même apprécier une vue lointaine sur la Brèche de Roland un de nos objectifs du lendemain. L’itinéraire devient alors plus flou car une multitude de cairns participent à notre confusion. Nous poursuivons en passant par la zone rocheuse de Mondarruego et avançons direction nord-est pour rejoindre péniblement le sentier qui part direction est vers le refuge Goriz. Nous l’atteignons finalement à 18h45 et établissons notre bivouac au bord de la rivière content de ne pas y passer la nuit car ce dernier est plein à craquer.

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JOUR 2

REFUGE DE GORIZ –  COL DES TENTES

La nuit n’aura pas été trop fraîche et nous avons pu profiter d’un ciel dégagé pour regarder les étoiles. Nous déjeunons et démontons le bivouac avant de nous remettre en route un peu après 9 heures. Deux flux de randonneurs partent dans des directions différentes : le premier empreinte le chemin que nous avons fait la veille pour revenir directement vers la Brèche de Roland, le second monte en direction du Mont-Perdu. Nous suivons la seconde cohorte et démarrons notre ascension vers le troisième sommet des Pyrénées. Dès le début des passages nécessitent de poser les mains et un peu plus haut, plusieurs passages d’escalade facile mettent certains randonneurs en difficulté. De notre côté nous progressons régulièrement, chargés de nos sacs avec le matériel de montagne et de bivouac et atteignons le Lac Gelé/Ibon Helado juste avant 11 heures. Je laisse mon frère au lac et entame l’ascension finale vers le sommet délesté de mon sac. Le premier tiers se déroule sur du rocher, puis la pente se raidit assez vite et laisse place à un pierrier un peu désagréable pour se terminer par une section finale plus simple. Me voilà arrivé à 3355 mètres en un peu plus de 30 minutes après mon départ du lac. Je profite de la vue à 360° offerte par le sommet avant d’entamer la descente car notre chemin est encore long. Je décide revenir au lac en mode trail afin de ne perdre de temps et il ne me faut que 20 minutes pour retrouver mon frère (12h10).

Nous reprenons nos sacs et partons direction ouest sur le chemin classique qui mène à la Brèche de Roland depuis le Mont-Perdu et inversement. Toujours orientés par les cairns qui parfois conduisent à des petites erreurs de parcours nous avançons en laissant à notre droite le sommet du Cylindre du Marboré/Cilindro de Marboré et du Pic du Marboré/Pico Marboré. Le chemin, assez aérien sur certains passages, nous fait passer sur quelques névés tardifs et comporte à nouveau quelques passages d’escalade.

 

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Nous marquons une pause pour déjeuner vers 14 heures avant de poursuivre toujours en direction de la Brèche qui se fait maintenant désirer. Sur une section aérienne, nous empruntons une petite vire qui borde une haute falaise et qui nous amène doucement vers elle. La main courante permet de se rassurer sur cette portion vertigineuse où une erreur peut conduire à une fin malheureuse. Nous arrivons enfin à la Brèche (16h10) et pouvons apprécier ce paysage unique : une trouée naturelle de quarante mètres de largeur et de cent mètres de haut, comme si l’homme avait volontairement percé cette dent à travers l’arête rocheuse.

De retour en France nous descendons maintenant en direction du refuge des Sarradets/refuge de la Brèche de Roland (fermé) en passant par un court passage d’escalade puis par un névé où nous décidons de cramponner pour éviter toute chute après une journée fatigante. Nous passons le refuge et partons sur la gauche en direction de Port de Boucharo. Nous perdons progressivement de l’altitude puis revenons sur un sentier plus roulant qui nous ramène vers le col des Tentes. Les randonneurs que nous croisons ont comme nous hâte d’en finir. Nous arrivons finalement à la voiture à 18h45, contents de clôturer ce trek sportif, aérien et exigeant où les cairns nous auront joué quelques mauvais tours mais où les paysages sont d’une beauté rare.

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INFOS PRATIQUES

Pour se rendre au col des Tentes il est impératif de prendre la voiture car le col n’est pas desservi par les transports en commun. 

Le trek décrit ici est la plupart du temps vertigineux (Faja de las Flores, Brèche de Roland) et comporte de nombreux passages d’escalade plus ou moins facile. Il est impératif d’être suffisamment entraîné et à l’aise avec la verticalité avant de l’aborder. De notre côté nous sommes partis avec les baudriers et la corde dans le sac ainsi qu’avec des piolets et les crampons pour franchir les névés tardifs.

Du côté de l’itinéraire, il est à noter qu’il n’y a aucune signalisation en place sur la totalité de l’itinéraire hormis des cairns ce qui implique de bien savoir s’orienter.  

Pour l’hébergement, outre le bivouac qui est toléré du coucher du soleil à son lever, il est possible de dormir au refuge Goriz en ayant réservé au préalable bien en amont pendant la saison estivale. Le refuge de la Brèche de Roland ou refuge des Sarradets est quant à lui fermé jusqu’en 2018. 

    

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Textes et photos (c) Benoit Malot

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