Les Bauges et la pointe d’Arcalod (GR96-GRP)

3 jours en autonomie dans le massif des Bauges en passant par la Pointe d’Arcalod.

 

LE TREK EN BREF

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Massif un peu délaissé par les randonneurs, les Bauges recèlent bien des merveilles. De la moyenne montagne certes mais des paysages qui n’ont rien à envier aux massifs voisins bien plus fréquentés. C’est en solo et en autonomie que je me mets en route pour un trek très sportif de trois jours qui me fera découvrir une bonne partie de ce beau massif et notamment son point culminant la Pointe d’Arcalod (2210 mètres).

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JOUR 1

CHAMBERY – AILLON LE JEUNE

Après une nuit en pointillé dans le bus qui m’amène à Chambéry, je démarre doucement depuis la gare routière à 8h pour rejoindre le GR 96 qui traverse la ville. Je ne m’attarde pas pour m’écarter au plus vite de l’urbanisation et aborder les premiers sentiers. Le parcours monte progressivement et quitte la route à partir du petit village de Chesses. Le dénivelé se renforce alors jusqu’à arriver au village de Lovettaz que j’atteins à 9h30 et d’où l’on peut apprécier une belle vue sur Chambéry. Je fais une petite pause à la fontaine pour manger un bout et me rafraîchir et me remets en route en direction du Col de à Doria. Le sentier passe alors par la cascade du même nom qui vaut d’y faire une petite pause. Il est possible, en bifurquant un peu avant, d’aller visiter la grotte Carret et d’aller faire de la via ferrata. Je poursuis mon ascension jusqu’au col de la Doria (1142 mètres) que j’atteins à 11h sans trop mollir.

Je continue toujours sur le GR 96 en passant par les Charmettes puis par le petit village de la Combe enfoncé dans la vallée. Le sentier laisse place pendant un petit moment à de la route jusqu’au hameau des Mermets avant de redevenir un chemin très agréable. Je profite d’une belle prairie pour déjeuner à 12h45 pendant une bonne demi-heure. La route est encore longue, je me remets donc en marche en arpentant un chemin forestier assez plat et roulant qui m’emmène jusqu’à la Sétéria (14h10). Le panneau d’indication que je croise un peu avant, m’indique qu’il faut compter deux heures pour atteindre le col de la Verne (1520 mètres). Je constate sur ma carte qu’il faut effectivement monter 600 mètres de dénivelé sur une courte distance pour atteindre le col. Déterminé à ne pas passer trop de temps sur cette section raide, je ne mets finalement qu’une heure pour atteindre le col qui offre une belle vue sur la vallée et les sommets environnants.

Après une petite pause pour me remettre de mon effort, je descends en direction de Aillon-le-Jeune par la Combe de la Verne, un raccourci qui permet de gagner un temps précieux. La descente est un peu glissante par endroit en raison des dernières chutes de pluie mais je progresse rapidement et arrive au village à 16h20, pas mécontent d’en avoir terminé après une nuit peu reposante et une grosse journée ou j’aurais franchi deux cols.

Je prends un petit rafraîchissement au bar, un peu de fromage et de miel local à la fromagerie et me dirige vers mon point de bivouac que j’avais repéré près de la rivière car l’orage gronde déjà. Peu de temps après avoir terminé de me laver et monter mon bivouac, les premières gouttes de pluie se mettent à tomber.

 

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JOUR 2

AILLON LE JEUNE – CHALET D’ORGEVAL

Après une nuit orageuse et pluvieuse qui ne me laisse dormir que quelques heures, je me mets doucement en route (8h10) dans une atmosphère très humide. Sans avoir le temps de me chauffer vraiment les muscles, je reprends le GR 96 – GRP du Massif des Bauges sur une portion assez raide passant par Crevibert qui me fait rapidement gagner de l’altitude. Il me faudra environ 50 minutes pour en finir et poursuivre sur le sentier qui est maintenant plus roulant. La dénivellation s’accentue ensuite à mesure que je me rapproche du col de la Cochette (1694 mètres) que j’atteins à 10h20. Je marque une pause bien méritée pour profiter du paysage et discute rapidement avec des randonneurs qui s’apprêtent à grimper au sommet du Mont Colombier. Je reviens ensuite sur mes pas pour partir en direction des chalets de la Fullie (11h15) et arpenter un chemin très agréable passant par des alpages et qui descend progressivement vers le petit village d’Ecole. Le sentier est cependant très glissant en raison des orages de la nuit et je prends une attention toute particulière à ne pas tomber. Arrivé au village, je m’arrête sur la place de l’église et profite du soleil pour manger et faire sécher mon matériel. Repu et au sec, je redémarre à 13h30 avec pour objectif de m’approcher au plus près de la Pointe d’Arcalod.

Je poursuis donc sur le GR en direction de Jarsy et bifurque sur un chemin très agréable qui suit le lit du Chéran. Je passe par les petits hameaux de Carlet, Très Roche et Riere Bellevaux. Certains habitants s’étonnent de voir un randonneur, espèce rare semble-t-il dans le coin ! Je continue de longer la rivière dont les abords d’une beauté rare appellent très clairement à s’arrêter pour planter la tente. Je rejoins ensuite la route et passe le parking pour me diriger vers le chalet d’Orgeval. Dans mes plans initiaux, j’avais prévu de m’arrêter un peu avant mais le temps étant au beau, il semble possible de monter au sommet avant que le soleil ne décline.

Je force donc l’allure pour rejoindre le chalet. Au sortir de la forêt, la beauté des paysages me saute aux yeux, des grandes faces rocheuses et des alpages verdoyants me font face… je ne regrette pas une seconde de m’être aventuré ici ! J’arrive finalement au chalet à 16h50. Le temps de papoter avec le couple de retraités très sympathiques qui tient les lieux, de réserver une nuitée (bivouac interdit dans la réserve naturelle) et je me décide à faire l’ascension.

Le sac léger, je pars directement du chalet en empruntant un sentier qui monte directement face au sommet. Je rejoins rapidement l’itinéraire normal et progresse maintenant sur du rocher. Le marquage officiel ayant disparu, je m’oriente en suivant les petits points de peinture jaunes. Plusieurs passages d’escalade facile méritent de poser les mains et de bien assurer ses prises. Il me faut finalement un peu moins d’une heure pour arriver au sommet de la Pointe d’Arcalod (2210 mètres), un beau « 2000 ». Seul au sommet, je profite de la vue et de la quiétude des lieux pour prendre des photos et contempler les paysages. Je redescends ensuite par le même itinéraire en croisant quelques chamois avant de rejoindre le chalet pour une nuit plus que méritée.

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JOUR 3

CHALET D’ORGEVAL – FRONTENEX

C’est en entendant les gouttes taper contre le toit du dortoir au petit matin que je réalise qu’il était préférable de dormir à l’abri plutôt que sous la tente. Ce qui m’inquiète en revanche, c’est de constater que la pluie ne semble pas vouloir s’arrêter. Le chalet étant pris dans une épaisse brume, il parait peu probable que le temps change à court terme. Je décide de patienter en discutant avec le gérant du chalet pour voir si une accalmie se fait sentir. Malheureusement pour moi le temps reste à la pluie et je dois me décider à partir si je ne veux pas risquer de me mettre en retard.

Armé d’une bonne dose de détermination, je démarre à 10h00 et emprunte le chemin de la veille pour redescendre dans le vallon de Bellevaux. Les superbes paysages de la veille ont laissé place à un décor morne et lugubre qui me motive à avancer rapidement.

Arrivé dans le vallon, je remonte un peu la route avant de prendre à droite sur le sentier. Au niveau du pont de la Fougère (11h15), je prends à gauche en direction du Nant Fourchu puis j’amorce mon ascension en direction du col de la Fougère via un petit sentier parfois difficile à voir dans la végétation et par une longue série de lacets qui semblent interminables sous la pluie. Après en avoir terminé avec ces lacets, je continue en prenant de l’altitude pour finalement rejoindre le col de la Fougère (1680 mètres) sous une pluie battante et un vent qui renforce un peu plus la difficulté de cette matinée.

Il est déjà 12h30 quand j’arrive au col, j’essore rapidement mes chaussettes et décide d’entamer rapidement la descente vers ma destination finale : Frontenex. Je m’accorde une petite pause aux chalets forestiers de la Balme qui font office de refuges non gardés et poursuis sur un chemin forestier un peu monotone qui me ramène doucement vers la ville. Sans mollir, je suis à Raffort à 14h20 pour le déjeuner. Par chance la pluie a cessé et je peux même profiter de quelques éclaircies en mangeant. Je continue ensuite sur une portion plus routière jusqu’à la gare de Frontenex que j’atteins à 16h10 non sans un sentiment de fierté après trois jours très intenses !     

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INFOS PRATIQUES

Pour se rendre à Chambéry, pas de difficultés car la ville est très bien desservie en train et en bus. Depuis la gare, comptez une dizaine de minutes pour rejoindre le GR 96.

Pour ceux qui souhaitent découvrir le massif des Bauges sur une période plus longue, il est possible de faire le tour du massif en suivant le GRP du Massif des Bauges. Dans ce cas, les villes de Chambéry ou Albertville peuvent être envisagées comme point de départ.

Il est possible de trouver des solutions d’hébergement via le site de l’office de tourisme. Pour le chalet d’Orgeval, comptez 15 euros la nuitée. Pour les aventuriers, il est aussi possible de dormir dans les refuges non gardés comme les chalets forestiers de la Balme. 

Le massif des Bauges est dans certaines zones une réserve naturelle, ce qui implique certaines interdictions comme le ramassage des plantes, les feux ou le camping. Le bivouac est interdit dans dans la réserve notamment près de la Pointe d’Arcalod. La carte et la réglementation complète peuvent être consultées ici et des informations complémentaires sont à retrouver sur le site de l’office de tourisme des Bauges.     

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Textes et photos (c) Benoit Malot

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